Vous croyez encore à l’amour ? Bah laissez-moi vous faire “décroyer”

Il est bien profitable de faire les choses avant, bah, la date d’hier.

En ce qui concerne une vision de la France à long-terme, il y en a pas. Merci et au revoir Madame. L’article est fini.

Je rwigole. On est fun comme ça nous les noirs.

Bref, j’ai découvert avec effroi la vision de l’avenir très court-termiste aigüe de mes contemporains durant cette. Cette quoi d’ailleurs ? Crise ? En tous cas, perso j’ai jamais autant regardé la mort comme un spectacle, même en regardant faites entrer l’accusé toute la soirée.

Je ne ferais de leçon à personne, ici.

L’humour prime.

Alors je relègue au vestiaire l’adage, personne ne cherche plus loin que le bout de son iPhone formulé par des gens qui ne voient pas plus loin que la fin de leur mandat, fustigés par ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur CDI, dont les enfants ne voient pas plus loin que le bout de leur apéro. Je peux continuer longtemps comme ça.

Comme mon métier n’est pas le journalisme, je n’ai jamais d’infos. Que des avis. C’est bien le blogging t’as l’air tout de suite plus intègre.

Je fais donc un top 10 des signes que vous vivez dans une société très court-termiste, et que même des fois ça fait flipper le nounours rainbow parlant de Toys’r’us garantie 2 ans.

1/ Vous discutez avec votre voisine. Et votre iPhone jamais en panne de mauvaises nouvelles annonce l’extinction d’une partie de la faune et de la flore au Sud de L’Australie. Son lieu de vacances. Et celle-ci vous répond visiblement très attristée. “Sans animaux et fleurs à voir, on va se faire chier !”.

2/ Chienchien, le chien de mon copain aboie sur tout ce qui roule, skateboard, trottinette, vélo, personne en fauteuil roulant. Une plaie. J’avoue à Mamour que le bruit des villes m’agace tout autant qu’à Chienchien. Que mon ouïe baisse, que j’en peux plus des crissements des mobylettes. Il me répond : “Tu m’entends là ?”. Oui… “Bon bah ça va alors”.

3/ Jessie James, le stagiaire de ma boite, jamais en trêve d’auras conquérantes (les gars de la compta le surnomme Christophe Colomb). Un mélange audacieux d’Eugène de Rastignac et de Barry Lindon, plus ambitieux que le plus ambitieux de tes capitaines d’industries. “Il veut monter une boite pour gagner plein d’argent”, dit-il. Et après ? “Je la revends pour gagner encore plus d’argent”. Mais encore ? “Bah j’en recrée une pour faire fructifier l’argent que j’aurai déjà”. D’accord c’est sans fin son truc.

4/ On a faim, il est tard. L’art de cuisiner exige de l’énergie. J’en ai plus, c’est ballot. Les sociétés comme Uber Eats et deliveroo, j’aime pas. Je sors un paquet de pâtes et fais péter l’huile d’olive. Mamour pas content quémande un truc plus élaboré. Je l’envoie paitre. Il pianote sur l’appli d’Uber Eats. Je fais la gueule. Ils n’ont pas besoin de mon argent pour abuser de leur salariés qui n’en sont pas d’ailleurs. Mamour retoque “Ils ont un travail et ça fait tourner l’économie”. En rond surtout. Et avec quelles conséquences ? Et pour combien de temps ? “C’est pas mon problème, je prendrais une chorizo calzone 3 fromages, lardons, chorizo, bacon, sans légumes”.

5/ Ma voisine. Toujours elle. Regarde le contenu de mon carton de courses. “Tu t’alimentes bien !”. Oui, il y a des fruits et des légumes quoi. Elle dit “qu’elle pourrait pas !”. Elle aime “trop” le Cola et les chips. Malgré sa crétinerie j’apprécie ma voisine, donc concernée je me fais l’avocat du diable. Tu n’as pas peur pour ta santé ? Aujourd’hui les français font des AVC à 40 ans. Elle répond : “Ah bah ça va, c’est dans longtemps, je verrai sur le moment”.

6/ J’ai grossis durant le confinement. “Ça va, j’aime aussi, t’as de plus gros seins encore” dit Mamour. Pourquoi, je ne suis pas rassurée. Il continue “Mais c’est tout. Le reste, tu changes pas !”. On va tous vieillir, le corps change, il s’épanouit autrement. L’angoisse le saisit, il n’y pensait pas. Qu’à un moment donné je ressemblerai à la crypte. Une seconde plus tard, il se relaxe. “Je divorcerai et je te remplacerai par du matériel plus neuf”.

7/ La fille de mon cousin par alliance (13 ans au compteur) rêve d’amour toujours en zyeutant des petits vieux survivants du coronavirus repartis pour s’aimer 40 ans Inch’Allah. “50 ans de mariage, ça dure longtemps !” s’écrit-elle. C’est un travail de tous les jours, de longue haleine, de mise en place d’éléments qui porteront ses fruits des années plus tard seulement. Elle me répond “bon bah alors laisse tomber, je me ferai que des plans cul”.

8/ Ma collègue m’avoue détester son travail. Elle en fait des crises d’urticaires et d’eczema, de rages de dents, des cystites en même temps. Je suggère de profiter de son ancienneté, de faire un dossier de formation, de sonner les cloches des RH, d’arpenter les salons des métiers. Je suis dévisagée d’un air béat. Elle répond “Oh la la ! J’aurais dû fermer ma gueule. Rien à t’écouter , je suis déprimée, faut que je me remonte vite le moral ! On s’fait un ciné. La Guerre des Robots War Dans L’enfer de la Guerre en 3D, ça te dit ?”.

9/ Mamour et moi avons une énième dispute. Chienchien ne sait plus où se mettre ni qui défendre. Pour moi c’est décidé, il faut partir. Vivre en communauté décroissante dans un éco-quartier dans l’Ariège. On va en chier au début. On verra les effets “bénéfiques” que dans 10 ans. D’ailleurs si une partie de la population repeuplait les campagnes, une bonne partie des problèmes environnementaux et sociétaux seraient peut-être en cours de restauration un peu comme la défragmentation de son disque dur. “Et c’est pas sûr…”. Non c’est pas sûr, mais c’est un pari pour l’avenir. “Quel avenir ? Dit Mamour. On a déja tout le confort du CDI, moi, j’attends la mort maintenant”.

J’ai voulu dire à Mamour que c’est temporaire, et que parfois, heureusement y’a du temporaire qui dure. Et notre histoire n’a été que temporaire.